La parole de Fergus – Siobhan Dowd (Gallimard Jeunesse)
Fergus a dix-huit ans lorsqu’il fait une découverte extraordinaire : le corps d’une enfant à demi enterré dans la tourbe. Presque intact. Pourtant, il a deux mille ans… Une archéologue vient sur les lieux avec sa fille, Cora. S’il n’y avait que le charme et la sensualité de Cora… Mais l’Irlande du Nord est en plein conflit avec l’Angleterre et Joe, le frère de Fergus, proche de l’IRA et en prison, a entamé une grève de la faim.
Siobhan Dowd, anglaise d’origine irlandaise, nous présente ici un roman sur un sujet qui lui tenait à cœur : l’Irlande et surtout les Irlandais ! Tout au long de l’histoire et à travers chaque personnage, on retrouve cette mentalité irlandaise si particulière. Une mentalité fière et bourrue, un attachement « viscéral » à cette terre et cette culture hautes en couleurs. Bien documenté, La parole de Fergus nous emmène à la découverte de ce pays et nous plonge dans le conflit nord-irlandais des années 80, conflit religieux et ethnique opposant Irlandais et Britanniques. C’est la découverte d’un corps d’enfant dans la tourbe, celui de Mel, qui va guider l’intrigue de l’histoire et apporter un dynamisme au récit. Entre fouilles archéologiques et découverte amoureuse, Fergus, personnage attachant plein de naturel et de fraîcheur, amène la note de légèreté nécessaire à ce roman dur dans son thème et dans son contexte. Malgré les milliers d’années d’intervalle, le personnage de Mel va aider Fergus à poser un regard neuf et plus mature sur les événements qui chamboulent son pays ainsi que sa propre vie. Fergus porte à travers ses aventures un regard sensible sur une civilisation attachante avec ses qualités, ses défauts mais surtout ses blessures.
Petit récapitulatif historique pour mieux comprendre le conflit nord-irlandais : voir commentaires.
Petit récapitulatif historique pour mieux comprendre le conflit nord-irlandais :
Le conflit nord-irlandais, appelé aussi Les Troubles, est une période de violence et d’agitation politique en Irlande du Nord dans la deuxième partie du XXe siècle. Le conflit débute dans la deuxième partie des années 1960. L’opposition sur l’avenir de l’Irlande du Nord, entre républicains et nationalistes (principalement catholiques) d’une part, loyalistes et unionistes (principalement protestants) d’autre part, entraîne une montée de la violence qui perdure pendant trente ans. Elle est le fait de groupes paramilitaires républicains, comme l’IRA (Armée républicaine irlandaise provisoire) dont le but est de mettre fin à l’autorité britannique en Irlande du Nord et de créer une République irlandaise sur l’ensemble de l’île.
Un processus de paix apporte une fin au conflit en s’appuyant sur l’Accord du Vendredi Saint (appelé aussi Accord de Belfast ou Accord de Paix pour l’Irlande du Nord). La reconnaissance par le gouvernement britannique pour la première fois que le peuple de l’île d’Irlande dans son ensemble puisse résoudre les problèmes entre le Nord et le Sud par consentement mutuel, sans intervention extérieure, permet d’obtenir l’accord des nationalistes et des républicains. Elle établit ainsi en Irlande du Nord un gouvernement consociatif (consociationalisme : coalition entre différentes forces politiques pour la représentation au gouvernement et le partage du pouvoir), composé obligatoirement d’unionistes et de nationalistes.
J’ai beaucoup aimé ce livre du début a la fin.
ce livre je l’ai trop aimé malgré son theme un peu triste qui a donné tout son charme.
dommage que l’auteur de ce roman soit morte ! elle aurait eu largement le temps de créer la suite !